Pourquoi le Père François Potez a-t-il voulu sauver la fleuriste de son quartier ?

ARTICLE | 01/02/2018 | Par Marie de Varax
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Véronique, la fleuriste de L'Atelier des fleurs, entourée de son comité de soutien.

 ©DR

Le curé de Notre-Dame du Travail (Paris XIVe) a appelé ses paroissiens à sauver la fleuriste de leur quartier, menacée par la faillite après que des dealers aient cassé sa boutique en juillet 2015. Une histoire qui a fait le buzz, mais qui appelle à une prise de conscience pérenne sur la vie de nos quartiers, notre façon de consommer et d’annoncer l’amour de Dieu à tous. Éclairage du Père Potez. 

Comment réagissez-vous à l’exposition médiatique dont a fait l’objet votre appel à sauver la fleuriste de votre quartier ?

Je n’aime pas beaucoup ce buzz. À la fois on fait du bien, c’est formidable, et à la fois c’est très virtuel. Il y a des millions de fleuristes comme elle, alors on en sauve une car le Père François a du réseau, mais je suis embêté pour tous ceux qui n’auront pas cette chance. J’ai de la peine pour toutes ces personnes qui regardent ça de loin en disant : je n’ai pas la chance d’avoir un réseau comme ça, je suis en train de crever la gueule ouverte et personne ne m’écoute.

Cette histoire peut cependant permettre aux chrétiens d’ouvrir les yeux sur les personnes de leur quartier…

Dans ce cas, c’est très bien. Il y a des commerçants qui font vivre les quartiers, et si on les laisse tomber, c’est dramatique. J’ai choisi de défendre cette fleuriste pour deux raisons : premièrement, c’est la vie du quartier. Quand une boutique comme celle-ci, ouverte depuis 20 ans, ferme, elle est remplacée par des boutiques virtuelles absurdes. Cela nous interroge d’ailleurs sur la façon de faire nos courses : mettrons-nous quelques centimes de plus dans les commerces de proximité ou n’ira-t-on que dans les grands magasins, dans les centres commerciaux ou sur Internet ?

Et deuxièmement, si on ne la défend pas, ce sont les dealers qui gagnent. Ils ont cassé sa boutique et ne veulent pas qu’elle s’installe à nouveau car elle est trop gênante pour eux.

Pourtant, cette fleuriste n’est pas croyante ?

On s’en fout ! La mission de l’Église, c’est d’annoncer l’amour de Dieu pour tout le monde, de manière extrêmement concrète. Si l’Église ne s’occupe que des cathos, elle a totalement perdu sa mission.

Vous avez demandé à la Vierge Marie de vous aider à trouver la somme manquante…

Je suis curé de la paroisse Notre-Dame du Travail, pas de saint Bruno ou de sainte Brigitte. Et ma sainte patronne a quelque chose à dire pour le monde du travail : elle nous apprend à offrir, dans tous les domaines et toujours. C’est l’offrande du travail ou de l’indigence. Il y a deux fresques extraordinaires dans l’église, à côté de la statue de Notre-Dame du Travail : l’une où les personnes qui travaillent offrent le fruit de leur labeur, et l’autre où les indigents et les malades offrent leur rien. Ils déposent dans la confiance leur pauvreté, leur indigence et cela aussi devient matière eucharistique. Pour certains le travail, c’est manquer de travail, c’est chercher du travail. Ils sont déjà exclus de beaucoup de chose, si on les excluait de cette offrande eucharistique, cela serait double peine…

La sainte Vierge a-t-elle entendu cet appel, très concret, très humain ?
Oui, j’en suis convaincu. Elle est passée par des voix humaines mais elle a répondu : on a atteint l’objectif de la cagnotte en ligne. Il faudrait cependant le dépasser un peu pour la mettre à l’abri complètement. Il y a quelques gros dons, mais le principal est constitué de tous petits dons et c’est ça le plus beau. Pour que les riches donnent autant que les pauvres, il faudrait qu’ils donnent énormément ! 

Marie de Varax

 

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Vos commentaires ( 1 )

  1. duflon s. Le 10/02/2018 à 12:37 Signaler pour abus
    coucou

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