Sens Commun annule sa « Journée de la France silencieuse »

ARTICLE | 12/10/2017 | Par Hugues Lefèvre
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Sens commun

Etats généraux de sens commun, le 20 juin 2015 à Lyon.

 ©DR

Le mouvement interne aux Républicains fait l’objet de toutes les attaques après les propos de son président sur Marion Maréchal - Le Pen. Au point d'annuler et de reporter sa journée de rentrée, initialement prévue dimanche 15 octobre à Asnières.

Sens Commun prend l’eau de toutes parts. Le mouvement interne aux Républicains né à la suite des manifestations contre la loi Taubira en 2013 a annulé sa journée de rentrée « La journée de la France silencieuse », initialement prévue dimanche 15 octobre à Asnières, après la polémique suscitée par les propos de son président Christophe Billan. Cette décision aurait été prise jeudi 12 octobre au matin lors d’un comité stratégique exceptionnel.

L'information a été confirmée par le mouvement dans un communiqué de presse le 12 en début après-midi : "L’objet de cette Journée de la France silencieuse était de débattre de façon apaisée d’enjeux de fond, loin des querelles d’ordre strictement politique et des jeux d’appareil. Or les conditions pour une réflexion et un dialogue constructifs ne sont pas réunies : le contexte risquerait de mettre en difficulté les nombreuses personnalités des milieux culturels, associatifs et intellectuels qui nous ont fait l’amitié d’apporter leur contribution à ces débats". Dans ce même communiqué, Sens Commun reconnaît "une maladresse de communication [de notre] Président" et regrette que celle-ci ait été "interprétée comme une prétendue main tendue à des appareils, voire à des partis qui sont pourtant nos adversaires politiques, comme nous avons eu maintes occasions de le dire et de le démontrer par le passé". La journée est reportée après l'élection du nouveau président des Républicains.

Pluie de critiques

Dans un entretien accordé à l’Incorrect deux jours plus tôt, Christophe Billan avait mis le feu aux poudres en évoquant l’idée d’« une plateforme » avec Marion Maréchal - Le Pen. « Si Marion Maréchal-Le Pen vient demain avec ses idées rejoindre une plateforme, cela ne me posera aucun problème. Mais si elle est plus Le Pen que Marion, j'aurai un souci. (...) Le problème de Marion Maréchal-Le Pen reste le nom Le Pen. », avait-il déclaré au nouveau magazine classé à droite. Cette déclaration lui a valu une pluie de critiques et une série de mises en garde cinq jours seulement avant la rentrée politique du mouvement où devaient être présents de nombreux cadres du parti Les Républicains, dont Laurent Wauquiez, Daniel Fasquelle ou encore Bruno Retailleau. « Sens Commun prêt à travailler avec le Front national », titrait l’Obs, mercredi 10 octobre. « Liens avec le FN : Sens Commun a-t-il perdu le bon sens ? » se demandait l’Express. « Mouvement anti-avortement et anti-mariage pour tous […] issu de La Manif pour Tous et même plus précisément de sa frange la plus radicale, » résumait un journaliste de RTL, pointant par ailleurs du doigt le fait que ce mouvement qui « infiltre de plus en plus le parti » est composé de « catholiques de droite »

Désistements de ténors du parti

Dans cette mise au pilori médiatique, le premier communiqué de presse de Sens Commun, daté du 11 octobre, sur les déclarations de son président était passé inaperçu. Pourtant, son titre était sans équivoque : « Sens Commun ne tend pas la main au FN. » Dans ce communiqué, le mouvement disait déjà regretter une mauvaise interprétation des propos de Christophe Billan et rappelait clairement l’idée qu’il a du parti de Marine Le Pen. « Ce parti détourne les voix du peuple au profit d’intérêts particuliers. Il hystérise le débat et dévoie nos valeurs. Ceux qui transforment l’attachement des Français à leur identité en repli identitaire ne sont pas des alliés mais des adversaires politiques.» Déclarations fortes mais inaudibles. Même les cadres du parti Les Républicains autrefois bienveillants avec le mouvement ont reculé devant la cure médiatique. Le 11 octobre, Laurent Wauquiez, le favori de l'élection pour la présidence LR, faisait savoir qu’il suspendait sa participation à la rentrée politique du mouvement et attendait une « clarification » de la part du mouvement. Daniel Fasquelle et Bruno Retailleau, pourtant très en phase avec Sens Commun, lui ont emboîté le pas très rapidement.

Hugues Lefèvre

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Vos commentaires ( 3 )

  1. Brigitte S. Le 15/10/2017 à 11:01 Signaler pour abus
    SENS COMMUN devient le "bouc émissaire", et le sujet plus que tabou est la filiation, il ne faut surtout pas critiquer le mariage pour tous, il faut surtout mettre au pilori tout ce qui est "émanation" de la Manif pou Tous. La Droite a peur et pour la gauche, c'est chasse gardée. Si on émet un avis contraire à leur catéchisme, on est estampillé "Front National" ou pire "raciste, homophobe, ou je ne sais quoi de nauséabond
  2. bruno A. Le 13/10/2017 à 09:52 Signaler pour abus
    En se déclarant prêt à faire un bout de route avec Marion Maréchal, le président de Sens commun a franchi une ligne rouge. Non parce que la jeune femme serait infréquentable personnellement, mais parce que, jusqu'à nouvel ordre, elle est membre du Front National. C'est à elle, si elle le veut, de faire un pas en direction de positions plus modérées. Un catholique peut être de droite, comme de gauche d'ailleurs, mais avec distance et modération : il ne saurait adhérer en bloc à toutes les propositions d'un parti, parce qu'il y aura toujours parmi ces propositions certaines qui seront inspirées du "monde" -au sens évangélique du terme- et non par la recherche du bien commun.
  3. Eric M. Le 12/10/2017 à 20:04 Signaler pour abus
    Wauquiez, Fasquelle, etc. tous des lâches… à la traîne de la gauche. Encore une fois.

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